La cathédrale vers vous s’avance

Extrait de Victoire

… un jour où Rouen fut invité à l’Université Amiens pour un cycle de conférences, Louise me demanda d’aller revoir la cathédrale d’Amiens. Elle me parlait de l’évêque bâtisseur, Evrard de Fouilloy, des architectes, Robert de Luzarches, Thomas de Cromont, des tailleurs de pierre. Elle me fit même lire «Cathédrales pierres vivantes» de Roland Cluny, un écrivain dit religieux, publié au début des années 50, un livre qu’elle avait trouvé au Thé Majuscule, minuscule librairie-salon de thé à l’ombre de la cathédrale de Rouen. D’Amiens, Cluny dit que ses pierres sont vivantes «pour la raison péremptoire que votre âme en fournit le grain». L’âme de Louise? Une illusion vitale. Au nord, sur le portail de Saint Firmin – venu d’Espagne et traversant la Gaule du IVème siècle pour avoir finalement la tête tranchée à Amiens – les douze signes du zodiaque sont incarnés par l’amiénois: en décembre, sous le Capricorne, il tue son cochon gras; en mars il bêche sa vigne, en avril chasse le faucon, en mai s’assied près des églantiers en fleurs, puis viennent à la ronde la fenaison, la moisson, la cueillette, les vendanges, les semailles. Le porche central, lui, est livré aux vertus et aux vices. Aux vices surtout, plus inspirants: une femme frappe violemment de son pied le ventre de son échanson, le moine apostat jette son froc aux orties, la folie dévore une pierre, un lièvre met en fuite un chevalier…  Au sud, buisson ardent, toison de Gédéon, verge d’Aaron, fuite en Egypte. Tout un peuple de pierre. Avec plantes, animaux, anges, hôtes de la terre, nuages oiseaux reptiles séraphins démons élus damnés têtes couronnées auréolées mitrées, la cathédrale vers vous s’avance.

Pour écouter Victoire, lu par son auteure…

© Ornela Vorpsi

« Barbara Polla a écrit ici un roman de la possession. Raconter une histoire, c’est prendre sur les personnages un pouvoir sans limites. La vraie possession en l’occurence n’est pas physique ou mentale, elle est dans l’écriture qui refaçonne les âmes, décide des destins, élève ou rabaisse. Pour le lecteur, en revanche, quel plaisir de se sentir ainsi possédé de son plein gré ! » Pascal Bruckner

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AMI, Jacques et autres ami/e/s

Deuxième exposition de l’Atelier AMI
Rue du Gothard 6, Chêne-Bourg, Genève – Tram 12, Place Favre
Portes Ouvertes le week-end du 20 janvier, apéritif le samedi dès 17h
Et visites sur RV, du 20 janvier au 20 mars : +41 79 200 90 36 / +41 22 329 17 09

Jacques Coulais 2017

« Il faut parler aux morts, et leur écrire, aussi. »

(Vingt-cinq os plus l’Astragale)

Cher Jacques,

Une nouvelle année commence, et toujours nous pensons à toi et nous aimons à toi.

Bientôt sur ton blog, la vidéo de la lecture-performance que nous avons faite, Jean-Philippe Rossignol et moi, à Lausanne, au Cran littéraire, avec toi.

Tu verras. Et les rares peintures de toi que tu m’as offertes, je vais les montrer dans l’exposition AMI et autres ami/e/s qui ouvre le 19 janvier à Genève, dans l’atelier d’AMI.

Elle t’aimait beaucoup…

À très vite, pour la suite

Baisers bleus

Barbara

AMI et Jacques, entre peintres, Analix Forever, Genève en avril 2011

AMI et Jacques, entre peintres, Analix Forever, Genève en avril 2011

Vingt cinq os plus l’Astragale

Le dernier livre de Barbara Polla – son vingt-cinquième livre – Capture d’écran 2016-04-28 à 14.03.11parle de Jacques Coulais

 

CECI N’EST PAS UNE BIOGRAPHIE. Même pas une ébauche de biographie. Tu m’avais pourtant demandé d’écrire ta biographie, Jacques. Mais hier, après que je t’ai expliqué que Spinoza définit la vie par la vie et que pour lui la mort n’entre pas dans la définition de la vie, tu m’as dit … « Alors, Barbara, fermons la parenthèse sur la mort ». Car pour toi, ô merveille, comme pour Spinoza, la parenthèse n’est pas la vie entre l’inexistence et la mort. Non, la parenthèse, c’est la mort entre la vie et la vie. La vie de l’herbe qui pousse sur ta tombe. Ma vie à moi. Celle de Beudax, qui t’attachait autrefois sur sa moto, et que tu appelais le Gros.

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Vous pouvez commander un exemplaire de Vingt cinq os plus l’astragale, ici.

Le emozioni di “Artissima”

Le journaliste italien Paolo Bogo rapporte que l’émotion la plus forte de Artissima, c’est la vidéo de Ali Kazma, Painter, qui la lui a procurée.

LE EMOZIONI DI “ARTISSIMA”: IL (NOSTRO) MEGLIO DELLA xxiI EDIZIONE DELLA FIERA D’ARTE DEL LINGOTTO [Questo articolo è stato pubblicato nel numero di venerdì 20 NOVEMBRE 2015 del settimanale cuneese “La Guida” Paolo Luigi Bogo].

Capture d’écran 2015-12-01 à 14.16.25 Giunta alla sua 22° edizione, “Artissima” è un appuntamento davvero da non perdere. Diventata la fiera di arte contemporanea più importante in Italia, si è svolta all’Oval, al Lingotto di Torino, dal 6 all’8 ottobre. Quest’anno sono stati 52mila i visitatori per oltre 2mila opere in mostra, proposte da 207 gallerie di 35 Paesi diversi: una scorpacciata di bellezza, di provocazioni visive e di emozioni…
Ma a prevalere in quantità era la sezione fieristica vera e propria della quale meritano di essere ricordati (e magari recuperati su Internet) i quadri geopolitici del romano Pietro Ruffo, le figure fantasmatiche del lettone Jānis Avotiņš, gli stupendi pianeti luminosi del lituano Žilvinas Kempinas, i lettini e le seggioline di Nazareno, bravissimo, da São Paulo, o i notevoli lavori di José Rufino (dal Nordest del Brasile). Ma l’emozione più forte era offerta dalla galleria Analix Forever di Ginevra con un video su Jacques Coulais (1955-2011), artista tetraplegico che dipingeva usando la sua sedia a rotelle elettrica, producendo opere astratte di straordinaria poesia.

Pour en lire davantage sur la vidéo Painter, cliquer ici.

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