Rencontre autour du bleu

« 50 nuances de bleu – Jacques Boesch » avec Jacques Coulais et AMI, Maya Kaadan, Maro Michalakakos, Marin Raguz, Julien Serve, Éric Winarto, Analix Forever, 10 rue du Gothard, 1225 Chêne-Bourg, à partir du 7 juillet.

Le Genevois Jacques Bœsch connait parfaitement la couleur bleue : celle du Léman comme des Éditions du Scorpion bleu où il a publié tous ses livres. Responsable pendant des années des affaires culturelles des Hôpitaux Universitaires de Genève il a participé à l’organisation d’événements artistiques et culturels. Il a été en outre un parlementaire éclairé intervenant plus partculièrement dans les domaines de la création plastique.

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Comme le prouve “50 nuances de bleu” il s’intéresse particulièrement à la photographie et aux arts. Il fut d’ailleurs directeur artistique du département Photographie et illustration de la Fondation Saint-Gervais Genève et a présidé l’Association suisse des institutions pour la photographie. D’où la qualité des oeuvres retenues pour cette exposition où le bleu qui ne représenterait presque rien devient une présence, un souffle, une tonalité, de l’énergie mise en mouvement

Winarto.pngSe retrouve entre autre le travail d’Eric Winarto qui après avoir vécu en Indonésie et Turquie vit désormais à Genève et Montreux. Il travaille avec de la peinture fluorescente. Elle ne se dévoile que dans l’obscurité. Activé par la lumière noire ses peinture blanches créent une nuit marine de légende et de mystère optique. De Jacques Coulais, de son chemin si particulier de sa technique “obligée”, Barbara Polla montre les dessins bleus, les dernières oeuvres qu’il a créées pour elle après une conversation de fin de vie autour du bleu. Et il a fait ces travaux sur papier, avec les roues de sa chaise roulante, malgré son épuisement. Comme des dessins japonais. “Une sorte de paradis de légèreté : les traces des roues semblent des plumes” écrit la galeriste. Et Jacques Boesch donne ainsi à voir les oeuvres qu’il aime et qu’il sait défendre. Il ne se contente jamais du tout venant mais opte pour des projets expérimentaux d’exigence.

Jean-Paul Gavard-Perret

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La cathédrale vers vous s’avance

Extrait de Victoire

… un jour où Rouen fut invité à l’Université Amiens pour un cycle de conférences, Louise me demanda d’aller revoir la cathédrale d’Amiens. Elle me parlait de l’évêque bâtisseur, Evrard de Fouilloy, des architectes, Robert de Luzarches, Thomas de Cromont, des tailleurs de pierre. Elle me fit même lire «Cathédrales pierres vivantes» de Roland Cluny, un écrivain dit religieux, publié au début des années 50, un livre qu’elle avait trouvé au Thé Majuscule, minuscule librairie-salon de thé à l’ombre de la cathédrale de Rouen. D’Amiens, Cluny dit que ses pierres sont vivantes «pour la raison péremptoire que votre âme en fournit le grain». L’âme de Louise? Une illusion vitale. Au nord, sur le portail de Saint Firmin – venu d’Espagne et traversant la Gaule du IVème siècle pour avoir finalement la tête tranchée à Amiens – les douze signes du zodiaque sont incarnés par l’amiénois: en décembre, sous le Capricorne, il tue son cochon gras; en mars il bêche sa vigne, en avril chasse le faucon, en mai s’assied près des églantiers en fleurs, puis viennent à la ronde la fenaison, la moisson, la cueillette, les vendanges, les semailles. Le porche central, lui, est livré aux vertus et aux vices. Aux vices surtout, plus inspirants: une femme frappe violemment de son pied le ventre de son échanson, le moine apostat jette son froc aux orties, la folie dévore une pierre, un lièvre met en fuite un chevalier…  Au sud, buisson ardent, toison de Gédéon, verge d’Aaron, fuite en Egypte. Tout un peuple de pierre. Avec plantes, animaux, anges, hôtes de la terre, nuages oiseaux reptiles séraphins démons élus damnés têtes couronnées auréolées mitrées, la cathédrale vers vous s’avance.

Pour écouter Victoire, lu par son auteure…

© Ornela Vorpsi

« Barbara Polla a écrit ici un roman de la possession. Raconter une histoire, c’est prendre sur les personnages un pouvoir sans limites. La vraie possession en l’occurence n’est pas physique ou mentale, elle est dans l’écriture qui refaçonne les âmes, décide des destins, élève ou rabaisse. Pour le lecteur, en revanche, quel plaisir de se sentir ainsi possédé de son plein gré ! » Pascal Bruckner

En savoir plus, cliquer ici

Jacques Coulais 2017

« Il faut parler aux morts, et leur écrire, aussi. »

(Vingt-cinq os plus l’Astragale)

Cher Jacques,

Une nouvelle année commence, et toujours nous pensons à toi et nous aimons à toi.

Bientôt sur ton blog, la vidéo de la lecture-performance que nous avons faite, Jean-Philippe Rossignol et moi, à Lausanne, au Cran littéraire, avec toi.

Tu verras. Et les rares peintures de toi que tu m’as offertes, je vais les montrer dans l’exposition AMI et autres ami/e/s qui ouvre le 19 janvier à Genève, dans l’atelier d’AMI.

Elle t’aimait beaucoup…

À très vite, pour la suite

Baisers bleus

Barbara

AMI et Jacques, entre peintres, Analix Forever, Genève en avril 2011

AMI et Jacques, entre peintres, Analix Forever, Genève en avril 2011

Vingt cinq os plus l’Astragale

Le dernier livre de Barbara Polla – son vingt-cinquième livre – Capture d’écran 2016-04-28 à 14.03.11parle de Jacques Coulais

 

CECI N’EST PAS UNE BIOGRAPHIE. Même pas une ébauche de biographie. Tu m’avais pourtant demandé d’écrire ta biographie, Jacques. Mais hier, après que je t’ai expliqué que Spinoza définit la vie par la vie et que pour lui la mort n’entre pas dans la définition de la vie, tu m’as dit … « Alors, Barbara, fermons la parenthèse sur la mort ». Car pour toi, ô merveille, comme pour Spinoza, la parenthèse n’est pas la vie entre l’inexistence et la mort. Non, la parenthèse, c’est la mort entre la vie et la vie. La vie de l’herbe qui pousse sur ta tombe. Ma vie à moi. Celle de Beudax, qui t’attachait autrefois sur sa moto, et que tu appelais le Gros.

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Vous pouvez commander un exemplaire de Vingt cinq os plus l’astragale, ici.